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Le jeu par 7

Ce jeu est, selon certains, le plus digne de foi et le plus intéressant car il est fondé sur des données arithmétiques et offre une grande variété de combinaisons. Après avoir mis de côté la carte-sujet et avoir coupé le jeu de la façon habituelle, on tire 7 cartes que l’on dispose à l’envers en paquet ; on passe 5 cartes que l’on pose à part et on tire à nouveau 7 cartes que l’on dispose encore en paquet. Puis on répète cette même opération une troisième fois. En ajoutant les 15 cartes que l’on a écartées, les 21 cartes formant les trois paquets et la carte-sujet, on obtient un total de 37 cartes ; les 3 cartes qui restent constituent la surprise. Normalement ces opérations sont effectuées en tirant les cartes les unes après les autres dans l’ordre suivant : on tire les 7 premières cartes, puis les 5 suivantes destinées à être écartées, puis les 7 autres et les 5 suivantes, et ainsi de suite.

C’est précisément en raison de cet ordre, qui procède suivant une progression arithmétique, que l’on a qualifié ce jeu de facile et sûr. Toutefois, certains préfèrent procéder selon les lois du hasard, afin de laisser libre champ à la transmission du fluide et font choisir au sujet les cartes à tirer. Il existe une variante dans la technique de ce jeu : nous avons devant nous trois paquets plus la surprise, le tout se rapportant à la carte du consultant qui domine, au sommet du jeu. On effectue la lecture du premier tas, puis celle du deuxième, puis celle de la surprise et en dernier celle du troisième paquet qui représente la véritable surprise de l’ensemble de la consultation. Cette transposition inhabituelle se justifie de la façon suivante : il pourrait se faire que la signification des premiers paquets soit complètement annulée par la surprise : le consultant resterait alors sans réponse et il faudrait recommencer le jeu. Mais il pourrait en déduire que son destin est confus et contradictoire (ce qui ne serait pas nécessairement faux) et de toute façon, il perdrait pour toujours tout optimisme et tout espoir. Au contraire, si l’on effectue la lecture du troisième paquet après la surprise, on obtient toujours la réponse définitive, même si celle-ci annule la signification des deux premiers paquets. L’étendue du champ d’interprétation que l’on attribue à ce jeu est déterminée par le fait qu’à chaque paquet on a l’habitude de donner une signification particulière, selon ce que l’on désire savoir : par exemple, le premier paquet peut concerner la maison, le second l’amour, le troisième les affaires ; ou bien, selon la méthode habituelle : « ce qui a été, ce qui est, ce qui sera ». Voici quelques exemples pratiques.

Premier paquet, l’amour : dans le tableau initial qui pose les fondements mêmes de la consultation, le jeu se présente bien : deux seules cartes de pique ; trois cartes de trèfle indiquent une bonne réussite, parmi lesquelles le 7 est excellent et le roi prometteur. Le reste des cartes, de coeur, laisse présager une bonne réussite en amour. L’absence de carreaux, concernant les affaires, les intérêts, l’argent, laisse donc une place prépondérante au sentiment. Nous allons étudier maintenant les significations. Litige ou dispute, désaccord désagréable qui s’arrangera et s’achèvera finalement dans la joie des fiançailles grâce à une autre personne qui jouera un rôle de médiateur (5 de coeur) tandis que la première carte conductrice (3 de coeur) laisse présager un mariage heureux. Un homme d’âge mûr qui éprouve pour vous de la sympathie jouera un rôle de médiateur et de pacificateur mais son intervention n’obtiendra pas de succès immédiat car elle sera contrecarrée par des personnes envieuses qui répandront des ragots (4 de pique).

Second paquet, la maison, les affaires : ici encore, la part la plus importante est occupée par les cartes de la réussite (trèfles), de l’amour (coeurs) et aussi des affaires (carreaux) ; les piques ne sont présents qu’en petit nombre et, par conséquent, leur action néfaste s’en trouve extrêmement réduite. On doit remarquer la carte représentant le fiancé, c’est-à-dire que celui-ci est présent en personne et fait figure d’acteur sur la scène du jeu. Cette fois encore la réponse est favorable. Le 6 de coeur indique un excellent parti à tous les points de vue, aussi bien sentimental qu’économique. Toutefois, en ce moment précis, le fiancé traverse une crise de découragement due à des pertes subites qui ont frappé sa maison et son patrimoine. A ces pertes s’ajouteront de nouveaux revers de fortune qui seront soulagés par un petit héritage ou par la réussite inespérée d’une affaire (5 de trèfle). Il existe un dernier espoir : découvrir les cartes de la surprise pour bouleverser le résultat. Les cartes sont assez bonnes. Elles viendraient couronner d’heureuse façon les réponses précédentes, s’il n’y avait la présence de l’as de pique, qui avec le 7 de pique représente la carte la plus mauvaise de tout le jeu ; cet as, en effet, signifie que votre fiancé aura à subir de nouveaux revers de fortune.

Troisième paquet, ce qui arrivera : le tableau est dominé par les cartes de pique ; cela confirme les incertitudes que laissaient voir les cartes de la surprise, et annule l’optimisme des deux premiers paquets. Le fiancé entretient des rapports très étroits avec une femme altière et riche pour laquelle il accomplira un voyage. A la base de cette relation, il existe vraisemblablement aussi des raisons d’intérêt : soit que le jeune homme espère obtenir un soutien financier pour ses affaires qui vont de plus en plus mal, soit que la femme aime la prodigalité de son ami. Les cartes disent encore que la femme va le trahir et nourrit, dans cette intention, des projets insensés. Et les relations sentimentales ne sortiront pas indemnes de la tempête : le jeune homme, lié à cette femme, ne pourra malgré tout se détacher d’elle aussi rapidement et il ne restera à la fiancée consultante que de bien faibles espérances. Au point où nous en sommes, nous ne devons rien négliger : en principe, la consultation doit se dérouler en présence du cartomancien dans les conditions matérielles et psychiques dont nous avons déjà parlé, conditions qui permettent à l’énergie magnétique de se transmettre et de créer le courant nécessaire. Dans de nombreux cas, le cartomancien joue le même rôle que le médecin ou que le confesseur, et parfois même davantage. Nous rappellerons ici les propos de Desbarolles qui affirmait qu’il suffit de croire en un signe quelconque et de l’interroger à sa manière pour que ce signe vous réponde. Une confiance inconditionnelle dans les regards du cartomancien crée déjà à elle seule une force et une communication magnétiques. Du reste, nous connaissons déjà tous les phénomènes de télépathie, de suggestion, d’autosuggestion, de transmission de pensée et ainsi de suite. Dans certains cas, un texte manuscrit ou une photographie suffisent à guider une étude divinatoire.

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