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La cartomancie est une science

La cartomancie est une science, et, comme telle, elle impose à celui qui entend s’y consacrer une étude approfondie du matériel dont il dispose, à savoir la signification des cartes, leur correspondance entre elles et une mise à jour continuelle de ses connaissances afin d’enrichir sa pratique de toutes les précisions et innovations qui interviennent sans arrêt dans le domaine des sciences divinatoires. Mais si la connaissance est essentielle, elle ne saurait suffire.

De même que le médecin doit croire en sa profession, de même le cartomancien doit-il avoir foi en son art. Il doit faire preuve à la fois d’une grande perspicacité pour pénétrer la personnalité de l’individu qui vient le consulter et d’une grande sensibilité car il est des choses difficiles à révéler, qui demandent beaucoup de tact au risque de choquer le consultant. Nous avons évoqué précédemment Mademoiselle Lenormand en disant qu’elle était l’une des cartomanciennes les plus célèbres de tous les temps. A quoi donc tenait son art ? Avant même d’entamer la consultation des cartes, la voyante posait à ses clients quatre questions qu’elle estimait indispensables à une bonne interprétation de l’avenir : ces questions portaient sur l’âge, la profession, l’état civil et l’état de santé du consultant. Mademoiselle Lenormand observait cette ligne de conduite non pas comme un moyen de se faciliter la tâche ou de délimiter d’ores et déjà le champ de sa prédiction, mais dans le but de pouvoir mieux interpréter la signification de certaines cartes ou la combinaison de plusieurs cartes au sens vague ou confus. Elle sut prédire à Napoléon ses victoires mais aussi ses défaites ; et la notoriété de ses prédictions, malgré les vicissitudes politiques et les persécutions qu’elle eut à subir, fut telle qu’elle réussit à triompher de tous et de tout. A propos de Napoléon, rappelons que le grand empereur prenait toujours soin de consulter les cartes avant d’entreprendre une quelconque action. Nous avons dit que l’origine de la cartomancie remontait aux temps des civilisations de l’Antiquité.

Les Egyptiens, les Chaldéens et les Perses la mirent en pratique après avoir arraché à la nature ses principaux secrets. C’est ainsi que, procédant par empirisme, l’alchimie donna naissance à la botanique, à la chimie, à la médecine, de même que l’astrologie et l’astronomie engendrèrent les sciences occultes dont la cartomancie forme l’une des branches. Après cette présentation rapide et générale de la cartomancie, nous allons aborder à présent le cadre plus particulier dans lequel se déroule la consultation. Il faut éviter les pièces trop grandes et trop claires ; choisir de préférence un coin de la pièce plutôt que le centre car il est prouvé que la pénombre ou un éclairage diffus favorisent la concentration et la réceptivité de l’esprit. La lumière ne doit en aucun cas se refléter sur le visage du cartomancien, cela afin d’éviter que le consultant ne puisse saisir les expressions qu’il pourrait laisser transparaître, bien que tout bon cartomancien doive conserver une apparence parfaitement impassible. Son regard doit être aigu et pénétrant, tendu vers la personne qu’il a en face de lui et avec laquelle il doit chercher à établir un contact intérieur continu. Sa voix doit rester douce, calme, musicale, quel que soit le message qu’il a à énoncer : qu’il s’agisse d’un événement heureux, d’une espérance ou d’un malheur. Si l’on en croit Poinsot, un minimum de physiognomie suffit à une bonne cartomancienne pour saisir l’état d’âme de ses clients.

En effet, la cartomancienne doit tenir compte de la personne du consultant, savoir observer son aspect, sa physionomie, le ton de sa voix, toutes choses qui, d’ores et déjà, lui permettent de tirer certaines déductions, concernant les pensées secrètes, les désirs cachés, et même de pénétrer le passé. Il se produit alors un phénomène complexe, à la fois d’intuition, de clairvoyance, de suggestion, de sorte que la personne qui vient consulter est totalement concentrée sur la prédiction qui va lui être donnée et se prépare inconsciemment à recevoir la chance ou à affronter le malheur. Paul-Clément Jagot, l’un des spécialistes les plus compétents et les plus objectifs en matière de sciences occultes, affirme que « la plus modeste tireuse de cartes, manipulatrice inconsciente des arcanes, réalise grâce à l’état second où la place le rite traditionnel les conditions psychiques voulues pour saisir les imminentes virtualités » ; autrement dit, l’exaltation de ses facultés subconscientes lui permet de percevoir, à l’état virtuel, des faits qu’elle situe par rapport au passé, au présent, à l’avenir.

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